Polyarthrite rhumatoïde

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Polyarthrite rhumatoïde

Polyarthrite rhumatoïde

Avec 300.000 personnes touchées en France, la polyarthrite rhumatoïde frappe à tous les âges de la vie. Le point sur cette maladie auto-immune, dont l’évolution est progressive, insidieuse et chronique.

Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique qui se caractérise par une atteinte articulaire souvent bilatérale et symétrique, touchant le plus souvent les mains et les pieds évoluant par poussées, et parfois vers la déformation et la destruction des articulations atteintes.

Elle fait partie de ce que l’on appelle les maladies auto-immunes où l’immunité agresse le propre corps de la personne atteinte. D’où il est difficile d’anticiper son apparition. Au début de son évolution, le diagnostic de la maladie peut être difficile, en raison de l’absence de signe clinique spécifique, du caractère inconstant des signes biologiques et du retard d’apparition des érosions articulaires radiologiques ou de leur lente évolution. Elle s’avère bénigne dans 30% des cas, intermédiaire dans 50% des cas et sévère dans 20% des cas. C’est aussi une maladie de système n’atteignant pas toujours uniquement les articulations, mais aussi parfois d’autres zones du corps.

En France, elle touche 0,4 % de la population notamment la population féminine, avec un sex-ratio de 3/1, mais cette différence semble s’atténuer avec l’âge. Cette maladie peut débuter à tout âge y compris chez l’enfant et on parle d’arthrite chronique juvénile. Toutefois l’âge médian se situe autour de 40 ans.

Quelles sont les causes de la Polyarthrite Rhumatoïde ?

Toutes les causes ne sont pas connues cependant, on distincte des facteurs favorisant le déclenchement de la PR.

adolescente avec sa grand-mère pour illustrer le facteur héréditaire de la maladie ©HalfpointFacteur génétiques
Certains allèles de gènes prédisposent à développer des maladies auto-immunes dont la polyarthrite rhumatoïde. A ce jour, nous en connaissons quelques uns que l’on retrouve plus fréquemment (mais pas obligatoirement) chez les personnes atteintes de PR ; on les retrouve également chez des personnes non atteintes, ce qui indique qu’ils ne sont pas les seuls responsables du déclenchement de la PR.
– le gène HLA : les variants HLA DR1 ou DR4 sont associés à la PR. On les retrouve chez 75 % des personnes atteintes de PR mais aussi chez 40 % de la population générale.
– le gène PTPN22 : un variant est associé à la PR et au diabète de type 1.
Ce variant semble favoriser l’apparition d’auto-anticorps dirigés contre des éléments de l’organisme. On retrouve ce variant chez 30 % des personnes atteintes de PR avec facteur rhumatoïde et chez environ 20 % de la population générale.
– le gène C5-TRAF1 : un variant est associé à la PR et à certaines formes d’arthrites juvéniles.
Il existe très certainement d’autres facteurs génétiques qui ne sont pas encore identifiés aujourd’hui. Globalement, l’ensemble de ces facteurs (connus et méconnus) représente 30 % du risque de développer une PR.

Facteurs environnementaux
En effet, on constate que dans certaines zones géographiques ou pays, la PR est plus ou moins fréquente. Des études européennes ont mis en évidence que l’incidence de la PR (le nombre de nouveaux cas par an) est généralement plus élevé en Europe du nord que du sud.

Facteurs hormonaux
La maladie prédomine chez la femme en période de ménopause. De plus, il existe une rémission fréquente pendant la grossesse, et souvent une poussée après l’accouchement.

Facteurs psychologiques
Dans 20 à 30 % des cas, on constate que la PR survient après un événement marquant comme un deuil ou une séparation. Cette constatation souligne la relation étroite qui existe entre système nerveux et système immunitaire. De la même manière, de nombreux polyarthritiques témoignent que les stress quotidiens ou les événements de vie éprouvants influent sur leur symptômes et l’intensité des poussées.

Facteurs de risque 
Dans ce groupe on met en avant le tabagisme et le surpoids. Les fumeurs ont un risque un peu plus élevé de déclencher une PR que les non-fumeurs.

Les personnes qui fabriquent dans leur sang un certain type d’anticorps (les anticorps anti peptides citrullinés) ont plus de risque de souffrir d’une PR que les autres. En effet, ces anticorps qui servent aujourd’hui au diagnostic de la PR se retrouvent chez des gens qui ne sont pas atteints ; cela ne veut pas dire qu’ils déclencheront un jour une PR, la présence de ces anticorps ne constitue qu’un facteur de risque.

A l’inverse, il existe des facteurs de protection, notamment hormonaux chez la femme. On a cité les contraceptifs oraux qui pourraient diminuer la sévérité de la PR, l’allaitement long (supérieur ou égal à 13 mois) semble réduire le risque de survenue de la PR.

Quels sont les symptômes de la Polyarthrite Rhumatoïde ?

La maladie débute généralement par une polyarthrite aiguë, c’est-à-dire une inflammation de 4 articulations ou plus. Elle se caractérise par des douleurs nocturnes avec dérouillage matinal de durée supérieure à 30 minutes, par une raideur articulaire et une inflammation de la membrane synoviale des articulations (synovite). un adult souffrant de douleur dans le genou ©sebra

Il existe peu de signes spécifiques pour différencier la polyarthrite rhumatoïde des autres causes de polyarthrite.

Toutefois, certains signes cliniques sont évocateurs de la maladie comme par exemple une évolution progressive et insidieuse de la maladie, une inflammation de la membrane synoviale des petites articulations (articulations des mains, des pieds, des poignets et des chevilles…), une atteinte bilatérale et symétrique, une intensité des signes inflammatoires locaux (tuméfaction chaude et douloureuse), une inflammation des gaines synoviales tendineuses et l’apparition de nodosités sous cutanées (nodules rhumatoïdes) .

Sur le bilan biologique, quand la maladie est active (en poussée) il y a une augmentation de la vitesse de sédimentation et de la protéine C réactive. L’inflammation peut s’accompagner d’une hyperleucocytose à prédominance de polynucléaires neutrophiles et d’une anémie inflammatoire non spécifiques. Les facteurs rhumatoïdes et les anti CCP sont positifs dans 70% des cas.

Au début de la maladie, les signes radiologiques sont discrets, on observe une déminéralisation osseuse et un épaississement des parties moles péri-articulaires. Avec le temps, il apparait des destructions articulaires (érosions osseuses et pincements articulaires).

L’évolution de la maladie s’étale sur des dizaines d’années et se fait par poussées entrecoupées de rémissions dont le rythme et la durée restent imprévisibles. Au cours des poussées, la plupart des articulations sont gonflées et douloureuses, associées à des signes généraux comme un état fébrile et une asthénie. On retrouve lors de l’examen biologique le syndrome inflammatoire.

Après plusieurs années d’évolution apparaissent parfois les déformations caractéristiques notamment aux mains, aux poignets, aux coudes, aux genoux, aux pieds …

Dans les polyarthrites très anciennes, les poussées inflammatoires ont tendance à devenir moins fréquentes et on assiste alors à l’extinction progressive de la maladie. Les douleurs prennent alors un rythme mécanique (séquelles articulaires).

Traitement de Polyarthrite Rhumatoïde
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